Routes secondaires – Andrée A Michaud

Quatrième de couverture :

Qui est Heather Thorne, cette jeune femme frappée d’amnésie qui ne sait plus si elle existe réellement ou si elle n’est que le double d’une inconnue croisée par un jour d’octobre ? Et qui est Andrée A. Michaud, cette écrivaine qui se demande si elle n’a pas usurpé la place d’une morte et si son véritable nom n’est pas Heather, Heather Thorne ? Regardant défiler les saisons depuis les fenêtres de son bureau, l’écrivaine tentera de déterminer de quel passé trouble a surgi la jeune femme qui l’obsède et menace de l’entraîner au cœur d’une forêt où elle sera dévorée par sa propre histoire.

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Ce roman m’a déstabilisé. Ai-je aimé ou pas ? Je ne sais trop comment rendre compte de cette lecture. À plusieurs reprises, j’ai pensé  l’abandonner. Je ne me suis pas attachée aux personnages, trop tortueux pour moi. J’imagine qu’il faut aimé le genre. Et l’atmosphère du roman, sombre, tout en mystère, en plus du mauvais temps,  pluies abondantes, tempêtes de neige, cela finissait par être oppressant à lire.
Même l’auteur nous l’écrit :

« Il pleut beaucoup dans ce roman, je sais et il pleuvra encore, je n’y peux rien. » p. 131

En fait, l’auteur m’a vraiment impressionné par l’écriture et la maîtrise de cette histoire du début à la fin.


 

Andrée A Michaud : Deux fois lauréate du Prix littéraire du Gouverneur géné­ral (Le Ravissement, 2001, et Bondrée, 2014), récipiendaire du prix Arthur-Ellis du roman policier en langue française, du prix Saint-Pacôme du roman policier, du Prix du CALQ – Œuvre de l’année en Estrie et du Prix des lecteurs Quais du polar / 20 minutes de Lyon pour Bondrée, ainsi que du prix Ringuet en 2006 pour Mirror Lake (adapté au cinéma en 2013), Andrée A. Michaud construit une œuvre éminemment personnelle qui ne cesse, depuis son premier roman, de susciter les éloges de la critique et des lec­teurs avides de mystère.

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La porte – Magda Szabo

Quatrième de couverture :

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« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. »

La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?
——–

Chef-d’oeuvre de la littérature hongroise dont le succès fut mondial, prix Femina étranger en 2003, La Porte a été élu meilleur livre de l’année 2015
par le New York Times.

Une remarquable romancière. Le Monde des livres.

Un livre original, superbe, émouvant. Le Figaro.

Un roman et un auteur, mais aussi, ce qui est plus rare,
un personnage qu’on n’oubliera jamais. Libération.

——

Que puis-je ajouter après ces critiques dithyrambiques ?

C’est une lecture intense qui secoue… Vous savez quand la vie nous malmène, nous envoie des douleurs, des chagrins, des deuils et qu’on l’on garde tout en-dedans, et là boum, on éclate, on explose ! C’est dense, superbement écrit.

Lors de ma lecture, j’ai ressenti autant d’amour-haine envers la narratrice et Emerence, qu’elles-mêmes, l’une envers l’autre.  Aimer trop, aimé mal ?

J’ai lâché le roman fréquemment  pour prendre des pauses. Plusieurs fois, j’ai voulu le faire disparaître de ma vue. J’y revenais, bien sûr, je voulais connaître la suite.

J’ai terminé la lecture hier soir, et depuis, je me pose ces questions :

Ces femmes, si différentes l’une de l’autre, se sont-elles comprises, apprivoisées, aimées ?

Oui ? Non ? Peut-être ? Assurément ? J’ai pas la réponse.

—–

Confession d’une lectrice : À vingt ans, je n’aurais pas lu ce roman, je l’aurais refermé dès la première page. Aujourd’hui ?  Je le classe dans mes lectures mémorables.

Je ne sais pas penser ma mort – Marisol Drouin

Quatrième de couverture :

En juillet 2016, Marisol Drouin abandonne le roman sur lequel elle travaillait depuis cinq ans. Elle se met alors à écrire autrement, spontanément, sans plan ni relecture, à écrire comme un train fonce, terrifiée à l’idée d’échapper l’urgence. Pendant six mois, alors qu’elle se tient debout à la fenêtre de l’Atelier, le désir remonte et la colère déborde en une série de courts textes à la frontière du récit et de l’essai intime. On y découvre les lieux de résistance d’une femme non conformiste en prise avec le langage de l’homme et, aussi, les événements qui l’ont exclue du monde. Récit d’une insurrection, Je ne sais pas penser ma mort est la somme de ces méditations, retraçant l’origine du rapport rageur de l’écrivaine à l’écriture.

L’écriture comme mal à apaiser, l’écriture comme combat contre le temps, l’écriture comme grand amour : une réflexion honnête sur la création littéraire.

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J’ai tellement aimé ce récit intime de Marisol Drouin, il est resté en moi plusieurs jours après la fin de ma lecture. Je vais sûrement le relire, car une seule lecture ne m’a pas suffit.

Deux extraits qui ont résonnés en moi :

Je serai toujours en quête du livre à lire. Je n’ai pas d’auteurs préférés, je le cherche encore, je relis rarement un livre. Partout, tout le temps, un livre, à commencer, à poursuivre, à terminer, à délaisser. Plusieurs ouverts en même temps. Perdre le contrôle. Des tours de livres. Des bibliothèques débordantes de livres. Je peux imaginer une vie sans écrire, mais pas une vie sans lire. (p. 37)

Combien de fois j’ai entendu artistes, intellectuels, amis ou membres de la famille se plaindre du manque de temps pour lire. Je ne dis rien. J’écoute les complaintes. Je me tais. Parce que moi, je lis. Tous les jours. Quelques fois toute la journée. Résistance. J’ai presque peur d’en parler. Peur d’être dénoncée. Tout ce temps perdu ! (p. 71)

 

Ce sera tout – Michel Gay

Quatrième de couverture : 

« Moi non plus, je ne crois pas que c’est un roman. »
– La mère de l’auteur


L’auteur (ou serait-ce son alter ego ?) qualifie son livre de « machin-bouquin ». Il n’a pas fait, en tout cas, un roman comme les autres. Ses errances, ses réminiscences, ses « fragments de discours amoureux » sont scandés par des notes de bas de page chicaneuses, parfois signées par lui, mais aussi, souvent, par un éditeur colérique, un chargé de projet désemparé, une correctrice narquoise ou une infographiste grincheuse. Tout cela pourrait donner le tournis, mais pas du tout : le récit a été construit avec une précision d’horloger.

Au-delà du dispositif qui lève le voile sur les métiers de l’édition – et sur le métier d’auteur au premier chef – Ce sera tout est le lieu d’un romantisme pudiquement désespéré et d’une vraie réflexion sur l’écriture et la lecture.

Quand je suis entré dans votre librairie il y a trois ou quatre semaines, j’avais sincèrement l’intention d’acheter un bouquin original, un livre nouveau, un roman grâce auquel je découvrirais un univers différent, étonnant. (p.29)

Message à ze auteur de ze lectrice : 

Eh bien, c’est réussi… ce roman est farfelu, loufoque, biscornu, branquignol, et j’en passe.

Avant d’ajouter branquignol, j’ai dû chercher, j’ai cherché, cherché la définition de ce mot sur Witkionnaire. Oui, oui, trouvé sur internet :

  1. (Populaire) Personne excentrique (ici on parle de ze auteur), qui se met dans des situations tragi-comiques ou se plait à les provoquer.
  2. (J’ajoute, moi, ze lectrice) que ça s’applique aussi au roman.

En terminant, la ze lectrice, que je suis, lectrice je suis, a voulu trouvé une citation par rapport, ou pas rapport, quoique certainement en rapport à ma lecture, quoique cela ait un certain rapport au roman que vous lirez ou pas. Bonne lecture !

« Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire. »(p.52) [i]

[i] Marguerite Duras, Écrire, Gallimard, coll. Folio, 1993, 123 pages

Ce sera tout

MICHEL GAY

NOTICE BIOGRAPHIQUE


Michel Gay est né à Montréal en 1949. Après avoir enseigné pendant quelques années, il a surtout travaillé dans le domaine du livre : d’abord à l’Union des écrivains québécois, plus tard à l’Association nationale des éditeurs de livres, puis aux Éditions Fides. Cofondateur et codirecteur de la revue La Nouvelle Barre du jour et des éditions du même nom, il a aussi été longtemps directeur de la collection de poche « Bibliothèque québécoise » (BQ). Au tournant des années 1990, il a par ailleurs œuvré dans le domaine de la muséologie, notamment au Musée de la civilisation à titre de directeur des activités culturelles. Des textes de Michel Gay ont paru dans bon nombre de revues du Québec et d’ailleurs, et certains ont été diffusés à la radio de Radio-Canada. Il a publié plusieurs recueils, dont Éclaboussures chez VLB éditeur et Calculs dans la collection « Rétrospectives » des Éditions de l’Hexagone.

Un matin je suis partie: Voyages d’une femme indépendante – Alice Steinbach

Quatrième de couverture :

 » Sous bien des aspects, j’étais une femme indépendante, écrit Alice Steinbach. Récemment, toutefois, j’avais commencé à comprendre que, même si je disposais de mon argent et de mon temps, je demeurais en quelque sorte dépendante. Avec les années, j’avais pris l’habitude de me conformer à l’idée que les autres se faisaient de moi comme mère, fille, épouse, ex-épouse, journaliste, amie. J’avais à présent envie d’abandonner ces rôles, au moins pour quelque temps, et de découvrir quelle personne apparaîtrait. « 

C’est ainsi qu’Alice se retrouve à Paris un matin du mois de mai, première étape d’un périple qui la conduira à Londres, à Oxford, à Milan et à Venise où elle retrouve son tendre ami japonais rencontré dans le train pour Giverny. Servi par une écriture sensible et impressionniste, ce  » voyage d’une femme indépendante  » nous transporte instantanément dans une quête intérieure : un voyage inoubliable à la redécouverte de soi.

J’ai beaucoup aimé ce voyage en Europe aux côtés d’Alice Steinbach. Moi, qui n’ai jamais voyagé, par cette lecture, j’ai visité une partie de l’Europe sans avoir à me déplacer. Belles descriptions, beaux décors, et de nouvelles rencontres dans chaque ville. Vous connaissez ce ralentissement de lecture lorsqu’on approche de la fin d’un livre comme aime ? Où l’on ne veut pas qu’il se termine ? Que l’on souhaiterai le voir continuer, continuer encore pour que le livre n’ait pas de fin ? C’est dans ce sentiment que j’ai terminé la lecture de ce récit de voyage. Un adieu… sans prendre d’avion de retour.

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Quelques extraits :

Je savais à présent que la véritable audace impliquait deux qualités essentielles : la curiosité et le courage. (p. 76)

Nos souvenirs sont-ils plus importants que nos oublis ? (p. 176)

À l’instar de la poétesse Elisabeth Bishop, je me demandais: « Aurions-nous dû rester chez nous et rêver de cet endroit-ci ? » (p. 212)

Qui peut prétendre qu’une chose a moins de valeur parce qu’elle n’a duré qu’un temps ? (p. 304)

 

Je m’appelle Lucy Barton – Elizabeth Strout

Quatrième de couverture :

Hospitalisée à la suite d’une opération, Lucy Barton reçoit la visite impromptue de sa mère, avec laquelle elle avait perdu tout contact. Tandis que celle-ci se perd en commérages, convoquant les fantômes du passé, Lucy se trouve plongée dans les souvenirs de son enfance dans une petite ville de l’Illinois – la pauvreté extrême, honteuse, la rudesse de son père, et finalement son départ pour New York, qui l’a définitivement isolée des siens. Peu à peu, Lucy est amenée à évoquer son propre mariage, ses deux filles, et ses débuts de romancière dans le New York des années 1980. Une vie entière se déploie à travers le récit lucide et pétri d’humanité de Lucy, tout en éclairant la relation entre une mère et sa fille, faite d’incompréhension, d’incommunicabilité, mais aussi d’une entente profonde.

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Ce roman écris comme des instantanés de vie, ou comme on feuillette un album photo. Les souvenirs d’enfance et de pauvreté, de Lucy Barton, lui reviennent en mémoire, lors de son séjour à l’hôpital et la visite inattendu de sa mère.

Ai-je aimé ? Je me pose encore la question. De la curiosité, un genre de voyeurisme sur ces fragments de vie. La relation mère-fille de ce roman m’a assez intéressé pour le lire jusqu’à la dernière page.

 

Deux abondons

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J’ai cinquante ans de lecture derrière moi, j’avoue que depuis une dizaine d’années, je me permets d’abandonner la lecture de livres qui ne m’interpelle pas. Après tout, il me reste moins d’années à lire que celles passées. Ce qui me surprend ici, c’est que c’est deux abandons coup sur coup.  Assurément, la première fois que cela m’arrive. Aucune détresse ressentie, il y a tellement de livres à lire… je ne manquerais pas de lectures d’ici la fin de mes jours.